Rendre compte de l’œuvre de Camille Lalos de manière
exhaustive est un exercice de style, complexe, dans la mesure où celle-ci se
décline avec des techniques aussi diverses que la photographie, la peinture ou
les collages. Pourtant, il ne faut pas s’y tromper, il y a dans tous ces travaux
une unité de style, un ressenti à la fois de la matière et de l’espace, une
sorte de conscience, ou simplement une sensation instinctive qui se rejoint et
se dévoile en laissant sa part à l’imaginaire, et qui va prendre forme dans le
mystère de son évolution.
La peinture de Camille Lalos,
est-ce vraiment de la peinture ? ou plutôt l’utilisation de techniques mixtes où
la matière inassouvie pulse et se transmet, où argile, sable, huile et pigments
se mélangent pour former une matière nouvelle qui renferme en elle la passion de
créer. Les titres des toiles de l’Artiste nous donnent le ton : « Espèce
d’espace », « Lointain intérieur », « Vide et prolifération », « Des
compositions claires-obscures »…autant d’œuvres abstraites pour la vision et
concrètes pour les sensations que celles-ci nous procurent. Par la richesse de
la matière, qui modèle et structure l’espace pictural, par la variété des
couleurs qui creuse les contours de ces paysages énigmatiques, une dimension
vertigineuse apparaît qui situe l’être ailleurs, en lui donnant par sa propre
absence la dimension de l’univers qui l’entoure.
Les photographies de
l’artiste se situent sur le même registre en faisant abstraction de
ces effets de matière, présents dans l’œuvre picturale. Les clichés qu’il nous
offre plongent l’œil de l’appareil au cœur du mystère pour en évaluer le sens,
en saisir l’essence pour décrypter par exemple les méandres intimes du bois, une
matière que l’artiste affectionne tout particulièrement. Il a participé à
l’exposition de sculptures monumentales, issues des souches d’arbres, vestiges
de la grande tempête du 26 décembre 1999. Cette exposition intitulée « Mémoire
de Racines » a fait l’objet d’une présentation à l’Orangerie du Sénat, puis dans
le Domaine National de Saint Cloud. Une occasion pour l’Artiste de restituer les
formes extraverties des souches, dans le décor grandiose du parc, une nouvelle
possibilité de donner au cœur de la matière sa véritable dimension esthétique.
Lorsqu’il s’agit de ses
collages, Camille Lalos nous incite à pénétrer au cœur d’un
microcosme composé de divers matériaux de récupération qu’il met au service de
sensation colorées. Sur un fond où s’inscrit une gamme chromatique douce et
variée, il assemble tissus et papiers, autant de transparences qui laissent
apparaître les méandres d’un fil d’Ariane qu’il applique par le dessus et qui
nous guide vers un univers finalement structuré.
A l’issue de ses diverses recherches et explorations,
même si l’Artiste nous conduit vers des chemins mystérieux, son œuvre reste
homogène. L’Art de Camille Lalos, c’est celui de nous le faire sentir en
procurant la sensation que chacun est une parcelle d’un ensemble qui le fait
exister.
Grâce à un ensemble de techniques qui
dépassent les frontières habituelles de l’espace pictural, l’artiste nous
propulse dans le domaine de l’amplitude vibratoire propre à chaque être avec un
souci des détails parfaitement maîtrisés.
Maïa de Rochefort
Critique d’Art
Février 2006
Camille Lalos
expose ses œuvres en permanence dans les
Galeries Artitude,